Au cours des jours précédant le budget, des centaines de membres du RSIQ ont mené des actions symboliques dans une douzaine de régions afin de rappeler aux élus l’urgence de trouver des solutions pour prévenir et enrayer le phénomène de l’itinérance. Le budget se devait de prévoir des fonds permettant de poser les premiers jalons d’une Politique interministérielle en itinérance.
Les considérations économiques reliées à la récession actuelle auraient dû conduire le gouvernement à déposer un budget misant sur la réduction des inégalités qui mènent de trop nombreux citoyens et citoyennes vers l’itinérance.
Or le budget néglige les mesures visant les personnes en difficulté. Par exemple, son Pacte pour l’emploi plus ne permettra pas de réintégrer les personnes les plus éloignées du marché de l’emploi. De plus, les investissements en infrastructures, à part les 200 millions additionnels pour le logement social, auront peu d’impact sur la lutte à la pauvreté. Les 3000 unités du programme AccèsLogis qui seront construites grâce à cette annonce sont bien loin de l’engagement sur 5 ans qu’avait pris le Premier ministre Charest en campagne électorale. En outre, le gouvernement démontre son irresponsabilité en niant les besoins monétaires des prestataires de l’aide sociale et en ne budgétant pas l’augmentation probable du nombre de personnes que la crise entraînera à l’aide sociale.
Les membres du RSIQ sont par conséquent extrêmement déçus du budget qui ignore carrément les besoins des personnes en situation ou à risque d’itinérance, mais espèrent que les annonces en santé laissent une marge de manœuvre dans les crédits de développement pour les groupes communautaires en itinérance.
Ils demanderont donc au gouvernement du Québec de faire des annonces hors budget pour permettre l’élaboration et la mise en œuvre d’une Politique interministérielle en itinérance dès 2009. « En commission parlementaire l’automne dernier, la démonstration a été faite du besoin criant d’une politique en itinérance. Reconnaissant l’urgence de la situation, l’Assemblée Nationale a annoncé la veille du budget une reprise des travaux de la commission sur l’itinérance, il faut espérer que ceci nous amène rapidement à l’adoption d’une politique», déclare Nathalie Rech, coordonnatrice du RSIQ.
Pour apporter des solutions efficaces, cette politique devra prévoir, outre un revenu décent et du logement social, de réelles mesures de réinsertion des personnes marginalisées, un meilleur accès en santé et services sociaux, prévoir des actions pour contrer la judiciarisation et augmenter le soutien financier octroyé aux organismes en itinérance.
RSIQ - 19 mars 2009