Tuesday 27 June 2017    

Centraide du Grand Montréal

Politique en itinérance - Le temps des actes est venu!
Pendant la campagne électorale, le RSIQ s'est mobilisé partout au Québec afin de rencontrer les candidats des différents partis et de faire entendre la parole des sans voix, des exclus que sont les personnes itinérantes et en grande précarité sociale.

Le RSIQ souhaite féliciter l'ensemble des députés élus et appelés à siéger prochainement à l'Assemblée nationale. Nous avons senti au cours de la campagne une ouverture à nos demandes de la part des candidats et une compréhension du fait que la situation s'aggrave. Cela doit dès maintenant se traduire par des actions concrètes.


Une politique en itinérance

Voilà sept ans que le projet de Politique en itinérance fait son chemin, avec une plate-forme de près de 100 revendications. Des travaux autour d'un cadre de référence en itinérance, un Comité interministériel et une imposante Commission parlementaire tenue dans 4 villes ont apporté leur lot de discussions. Les constats et l'analyse des besoins y ont été fidèles, mais la réponse n'a pas été assez englobante avec la sortie du Plan d'action interministériel 2010-2013.


Un projet de Politique autour de quatre idées majeures

  • Une vision globale dans laquelle on reconnaît que des droits fondamentaux des personnes itinérantes, membres de la cité comme tout un chacun, sont bafoués et que ces discriminations relèvent d'une responsabilité collective en tant que société.
  • Une priorisation par le gouvernement qui entraîne un véritable leadership en la matière
  • Une harmonisation entre les actions, car quand on parle d'itinérance, il est trop fréquent de voir des interventions se court-circuiter entre elles. Il y a lieu de travailler à une plus grande imputabilité des différents ministères concernés.
  • Le caractère structurel de certaines interventions qui doivent marquer les esprits et s'inscrire dans la durée, notamment en matière de logement social, ou encore en sensibilisant le grand public avec des campagnes publicitaires


Un axe à valoriser pour chaque droit bafoué

Le caractère global d'une Politique en itinérance s'accompagne aussi d'interventions spécifiques réparties en différents axes qui constituent autant de droits bafoués.

Il y a le droit de cité, qui renvoie à l'occupation de l'espace public et à la citoyenneté qu'on enlève aux personnes, au profilage social et à la judiciarisation de l'itinérance. On se réfère aussi, bien sûr, au droit au logement, que l'on parle de son accès, de la lutte pour le logement social ou encore du soutien communautaire permettant de contribuer au maintien des personnes en logement. Autre facteur qu'on accole directement à l'itinérance, le droit à un revenu décent, réfère aux conditions de travail déplorables, au niveau des prestations d'aide sociale ridicule et à l'accès au chèque qui souffre d'innombrables entraves et paperasserie. Si le droit à la santé est au sommet des préoccupations des Québécois dans les sondages, imaginons à quel point il peut constituer un enjeu pour des personnes vulnérables qui affrontent la réalité de la rue, parfois atteintes de problèmes de santé physique, mentale, de toxicomanie ou qui peuvent cumuler plusieurs de ces difficultés. Pensons aussi à des initiatives créatives pour consacrer ce droit, comme à la mise en place de sites d'injection supervisée (SIS). Il y a aussi, bien sûr, le droit à l'éducation et, enfin, un droit qui s'est constitué, celui à un réseau d'aide et de solidarité, pourvu d'organismes autonomes, de missions variées qu'il faut s'assurer de financer.


Dans son programme adopté au printemps 2011, le Parti Québécois affirme qu'un gouvernement péquiste « adoptera une politique favorisant la réinsertion dans la société des personnes itinérantes» et le même engagement nous a été récemment renouvelé dans nos démarches au cours de la campagne. Nous nous déclarons prêts à accompagner le gouvernement dans la construction d'une telle Politique et à sensibiliser les partis d'opposition afin qu'ils appuient et prennent part à la démarche. Nous resterons vigilants quant au fait que les promesses de campagnes ne soient pas de vains mots, mais deviennent bien une réalité et facteur de changement pour les personnes en situation d'itinérance.

Anne Bonnefont, agente de liaison du RSIQ (Réseau solidarité itinérance du Québec)
Bernard Saint-Jacques, organisateur communautaire au RAPSIM (Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal)

RSIQ - 15 septembre 2012 - Dossier : Pour une Politique globale en itinérance







 

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