vendredi 10 septembre 2010    
Clinique Droits Devant
Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal
Ville de Montréal - Des recommandations intéressantes et des manques
Plusieurs des recommandations adoptées le 22 mai 2008 suite à la consultation sur l'itinérance tenue en avril par la Ville de Montréal vont dans le sens des revendications exprimées lors de celle-ci par le RAPSIM et le milieu.

Ainsi, la Ville appuiera activement les demandes auprès des gouvernements supérieurs pour une Politique en itinérance, le financement de l'intervention et le développement du logement social. D'autres recommandations, comme celle d'un dénombrement, posent des défis importants : comment et qui comptera-t-on?

Là où c'est plus faible, c'est dans les actions identifiées qui relèvent de ses responsabilités. La question de la judiciarisation est l'élément sur lequel le RAPSIM a critiqué le plus fortement le rapport. Aucune mesure n'est prévue pour agir en amont du problème des tickets.

Un rapport qui ne doit pas rester lettre morte…

L'application des recommandations suite aux consultations publiques de la Ville est un enjeu majeur. Les recommandations adoptées doivent maintenant être soumises au conseil exécutif de la Ville, ce qui se fera rondement selon ce qu'a déclaré publiquement et privément Marie-Andrée Beaudoin, responsable du développement social à ce comité.

Pour le RAPSIM, plusieurs des recommandations doivent être appliquées ou portées rapidement, notamment :

  • Celle portant sur la demande d'une Politique en itinérance, alors que se tiendra pour la première fois en septembre 2008 une Commission parlementaire de l'Assemblée nationale sur la question de l'itinérance, qui débutera à Montréal.

  • Les interventions pour préserver le parc de maisons de chambres et accroître celui des logements sociaux.

  • Les interventions face au gouvernement fédéral pour que celui-ci reconduise sur plusieurs années son programme de soutien à l'intervention en itinérance… qui doit être bonifié.

Quant au dossier de la judiciarisation, le rapport se doit d'être amélioré en ajoutant la révision de la réglementation. Sinon toutes les mesures prévues par celle-ci, telles que favoriser la médiation sociale, la mise en place d'un procureur désigné à la Cour et des mesures pour éviter l'emprisonnement ne résoudront pas le problème des contraventions émises à l'endroit des personnes en situation d'itinérance uniquement en raison de leur condition sociale. Ce mandat, que la Commission des droits de la personne a prévu d'assumer d'ici la fin de l'année, est aussi dans la cour de la Ville.

Pour le RAPSIM, le rapport adopté le 22 mai marque une étape dans la lutte pour que la Ville assume davantage ses responsabilités en matière d'itinérance. Comme il l'a fait avec ses 82 membres durant la consultation, notre regroupement entend continuer à faire pression pour que l'action de la Ville agisse plus fortement pour améliorer les conditions de vie des sans-abri.

Document relié : Montréal : Des responsabilités à assumer!, RAPSIM, 15 avril 2008

Pierre Gaudreau, coordonnateur du RAPSIM - 23 mai 2008 - Dossiers : Logement - Espace public et judiciarisation - Politique en itinérance







 

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