Sunday 21 October 2018    

Centraide du Grand Montréal

Élections: le RAPSIM demande des engagements majeurs contre l'itinérance
Montréal, le 16 aout 2018 - Le gouvernement Couillard a fait trop peu pour faire reculer l'itinérance. À l'approche des élections, le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) interpelle tous les partis afin qu'ils s'engagent à faire de cette question une priorité du prochain gouvernement en y investissant les moyens nécessaires.

C'est dans le quartier Hochelaga, où les problèmes s'aggravent, mais où le milieu se mobilise pour accroitre les réponses, que le RAPSIM a exprimé ses demandes.



L'itinérance demeure un problème majeur à Montréal; ainsi le nombre de nuitées d'occupation des ressources d'hébergement pour hommes a crû de plus de 12 % l'an dernier passant de 205 000 à plus 230 000. Les ressources d'hébergement pour femmes effectuent pour leur part des refus quotidiens, faute de places. Au même moment, tous les 140 casiers d'entreposage de l'organisme le Sac à dos ont tous été occupés permettant à des personnes en situation d'itinérance de conserver certains de leurs biens.

« Le gouvernement du Québec doit assumer son leadership dans la lutte à l'itinérance, s'assurer que tous ses ministères concernés agissent pour contrer le phénomène », a insisté Pierre Gaudreau, directeur du RAPSIM.


Un bilan mitigé

Parmi les bons points du bilan de l'action du gouvernement, il y a l'adoption du Plan d'action interministériel en itinérance 2015-2020, qui a suivi celle de la Politique nationale de lutte contre l'itinérance par le gouvernement Marois.

La vision globale des actions à mener pour prévenir et réduire l'itinérance portée par cette politique a ainsi été reprise. Le plan du gouvernement libéral a cependant manqué d'impact, affaibli par différentes décisions et mesures d'austérité.

Plus de 600 logements sociaux avec soutien communautaire ont pu se développer, malgré les coupures de Québec dans le programme AccèsLogis. « On a réussi à ajouter 46 logements sociaux pour jeunes en difficulté. L'insuffisance des fonds de Québec nous a obligé à se tourner vers le soutien du gouvernement fédéral et d'autres sources privées. L'aide au logement social doit être accru, à la fois pour le bâti et pour le soutien communautaire » a déclaré François Villemure, Directeur général de L'Avenue hébergement communautaire, où se tenait la conférence de presse.

En santé, le soutien au développement de services d'injection supervisée, et la facilitation de l'accès à la carte RAMQ sont des réalisations importantes à Montréal. Néanmoins, le problème global de l'accessibilité aux services de santé persiste pour les personnes itinérantes, ce que reconnait le gouvernement.


Un risque accru d'itinérance

En adoptant sa réforme à l'aide sociale, Objectif emploi, le gouvernement a mis en place des mesures qui pourront entrainer une réduction des prestations à aussi peu que 404 $ par mois pour celles et ceux qui ne parviendront pas à s'inscrire dans les parcours obligatoires en emploi.
 
« Depuis bientôt 30 ans, nous venons en aide aux jeunes, les accompagnons vers l'insertion aux études, à l'emploi et au logement. Ce qui manque pour appuyer ce travail c'est un meilleur soutien, qui passe par un meilleur revenu, pas des coupures à celui-ci » a soutenu Cécile Arbaud, Directrice-générale de Dans la rue.


Des engagements à prendre

Le RAPSIM demande aux partis en lice aux élections de prendre des engagements solides qui permettront de faire reculer l'itinérance dans un futur mandat. Le prochain gouvernement doit donner des moyens à la Politique nationale de lutte à l'itinérance de mieux se déployer avec son approche globale.

Les demandes prioritaires adoptées par les membres du Réseau d'aide concernent le logement et le revenu. Des budgets accrus doivent être investis dans le logement social pour permettre à la Ville d'atteindre l'objectif de 250 unités par an qu'établit le Plan montréalais en itinérance, annoncé par Valérie Plante en mars dernier.

Au niveau du revenu, le RAPSIM demande de meilleures prestations et, impérativement, l'abolition des coupures prévues par le programme Objectif emploi.


Assurer le soutien du fédéral

Le gouvernement élu au Québec le 1er octobre prochain devra s'assurer d'avoir l'appui du gouvernement fédéral dans ses actions. Ottawa a annoncé des milliards $ d'investissements à long terme en logement et en itinérance. Québec devra s'assurer que ceux-ci permettent de soutenir différentes actions pour contrer l'itinérance vécue par différentes populations et d'ajouter de nouveaux logements sociaux.


ANNEXES:

Tableau - Bilan du gouvernement

Tableau - Demandes du RAPSIM










 

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