Monday 20 August 2018    

Centraide du Grand Montréal

Investissement fédéral en itinérance : Le RAPSIM demande une approche globale
Les fonds de 2 milliards $ annoncés par le gouvernement fédéral pour la lutte à l’itinérance doivent être engagés rapidement, avec le soutien à une diversité d’actions et des budgets adéquats pour Montréal. C’est le message pressant qu’a exprimé le RAPSIM en tenant un rassemblement devant le Complexe Guy-Favreau aujourd’hui où plus de 200 personnes étaient présentes.


En mars 2017, Ottawa a annoncé une somme de 2 milliards $ sur 10 ans dans sa Stratégie de partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI). Un an plus tard, le gouvernement n’a toujours pas précisé quelles orientations guideront l’affectation de cet investissement majeur. Celui-ci devrait représenter plus de 10 millions $ par an, soit plus de 100 millions $ pour Montréal, des sommes plus que nécessaires et attendues dès l’hiver prochain.


                                                                                                                                        Crédit Photo: Alexis Aubin

Un pas dans la bonne direction

Depuis qu’il est au pouvoir, le gouvernement Trudeau a accru les fonds pour la lutte à l’itinérance. Les fonds ajoutés dans la SPLI depuis 2016 ont pu être affectés avec souplesse permettant de rétablir des interventions qui avaient été coupées par le gouvernement Harper en 2014. Ce dernier avait dirigé 65% des fonds au Housing first, une approche passant majoritairement par une offre de logements privés et ciblant les personnes en situation d’itinérance chronique.

« En itinérance, Ottawa a fait un pas dans la bonne direction depuis 3 ans et, très bonne nouvelle, il a annoncé des fonds doublés pour une décennie. Cet engagement doit absolument permettre de soutenir les différentes actions nécessaires pour contrer l’itinérance et non pas favoriser une réponse unique » a insisté Pierre Gaudreau, directeur du RAPSIM.

Le RAPSIM partage l’objectif du gouvernement fédéral de réduire l’itinérance, soulignant que pour y arriver, il est essentiel d’agir tant en prévention qu’en réduction du phénomène. Une des actions clé pour y arriver est d’augmenter le nombre de logements sociaux. À Montréal, en 15 ans, la SPLI a contribué à la construction de plus de 1200 logements sociaux pour personnes itinérantes, tout en permettant l’amélioration des installations des organismes.


La pertinence d’une approche globale

Une centaine de personnes étaient présentes pour témoigner et illustrer la pertinence d’une approche globale dans la lutte à l’itinérance.

« Cette approche a permis l’installation d’un centre de jour dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve et de répondre aux besoins de base non comblés d’une population marginalisée, voir stigmatisée, dû aux modes de vie des personnes qui consomment » a déclaré Martin Pagé directeur-général de Dopamine.

Pour ce qui est de l’itinérance des femmes « C’est dans le cadre d’une approche globale que l’on doit aborder l’intervention en itinérance car il n’y a, malheureusement, pas de réponse unique qui puisse répondre à la globalité des besoins et des situations. » a souligné Micheline Cyr, directrice-générale de l’Auberge Madeleine.

« La SPLI permet à L’Itinéraire d’offrir, au-delà d’un logement stable, un revenu additionnel, une sortie de l’isolement social et le regain de l’estime de soi indispensables à la sortie du cycle de l’itinérance » a tenu à exprimer son Directeur-Général, Luc Desjardins.



Des appuis de Montréal, Québec et Ottawa

La demande que porte le RAPSIM a trouvé un appui à l’Assemblée Nationale le 25 avril, alors que la ministre Lucie Charlebois a souligné l’importance que la SPLI soutienne tout autant la prévention que la réduction de l’itinérance, dans l’esprit de la Politique en itinérance adoptée au Québec.

La Ville de Montréal a aussi exprimé son appui, par la voix de la conseillère associée au Comité exécutif Suzie Miron. Le Plan d’action montréalais en itinérance 2018-2020 porte une vision globale, vise une diversité de populations et nécessitera un soutien de la SPLI pour nombre des actions qu’il prévoit.

Le député du NPD, Alexandre Boulerice, était aussi présent pour appuyer le RAPSIM et a souligné l’importance qu’Ottawa investisse davantage dans le logement social.


Un bon espoir

Une réponse est attendue sous peu du fédéral pour l’orientation qu’il donnera aux fonds de 2 milliards $ annoncés dans la SPLI. Le RAPSIM a bon espoir que le gouvernement fédéral reconnaisse la nécessité d’une approche globale.

« Le gouvernement Trudeau et le ministre Duclos ont beaucoup consulté et bien écouté, il est maintenant grandement temps qu’ils précisent leur engagement dans la lutte contre l’itinérance » a demandé Pierre Gaudreau. Il précise que, si la réponse tarde, le RAPSIM, de concert avec le Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec, accentuera sa mobilisation.







 

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