Thursday 23 March 2017    

Centraide du Grand Montréal

Étude sur l’itinérance cachée : un vécu pour 8% de la population canadienne
Le 15 novembre dernier, Statistique Canada rendait publique une étude sur l’itinérance cachée au Canada. En 2014, 8 % des CanadienNes ont déclaré avoir dû vivre temporairement avec la famille, des amis, dans leur voiture ou n’importe où ailleurs car ils n’avaient nulle part où aller.


Pour voir l'étude:
Regards sur la société canadienne- L’itinérance cachée au Canada, Statistques Canada 15 novembre 2016

Cette étude réalisée dans le cadre de l’Enquête sociale générale de l’agence fédérale peut surprendre par l’ampleur du phénomène. On parle ainsi de plus de 2,3 millions de personnes au Canada qui ont vécu cette situation dans leur vie.

Heureusement pour certains, il ne s’agit que d’un court moment, mais pour beaucoup d’autres, cette situation représente un épisode important. Dans tous les cas, cette étude, incluant avec les éléments de profil des personnes concernées, démontre l’importance des réponses à apporter.

Une situation qui dure

Pour 27 % des personnes ayant vécu une situation d’itinérance cachée, celle-ci n’aura pas duré plus d’un mois. Cependant plus de 55% des personnes ont connu cette situation sur une période allant de un mois à un an, alors que pour 18% cet état a duré plus d’un an.

Parmi les femmes, 7 % de la population a vécu cette situation alors que 8% des hommes l’ont subi. Des chiffres qui ne contredisent pas les constats faits de longue date sur le fait que l’itinérance des femmes est moins visible. L’étude confirme l’ampleur de l’itinérance cachée pour les deux sexes, avec une situation vécue davantage par certains groupes. Car si tout le monde est à risque d’itinérance, certaines situations entrainent davantage de traces.

Tendances parmi les profils

Le premier grand constat que dégage l’étude est le fait que les personnes victimes d’abus pendant leur enfance ont vécu davantage, ont vécu des situations d’itinérance, soit 14 % d’entre elles. Ce chiffre monte à 26 % pour les personnes ayant été sous la responsabilité légale du gouvernement. Les personnes vivant des situations d’incapacité ont aussi un vécu plus fréquent d’itinérance.

La faiblesse d’un réseau social est aussi une caractéristique qui entraine un plus grand vécu d’itinérance, cela va du nombre de déménagements, au sentiment d’appartenance à une collectivité au nombre de personnes proches (amis et familles). Là aussi, ces données corroborent d’autres études. Comme l’indiquait déjà en 1974, le nom même du RAPSIM, Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes, l’absence d’un réseau est un rempart de moins contre la rue.

Une autre fois encore, cette étude démontre la situation difficile des Autochtones, alors que plus du double, 18% de cette population, indiquait avoir vécue l’itinérance cachée. Par ailleurs, les immigrants et les minorités visibles sont moins nombreux que la population d’ensemble à avoir vécu l’itinérance, la force de leur réseau jouant en ce sens.

Un portrait global

L’étude de Statistiques Canada sur l’itinérance cachée, par l’ampleur du phénomène qu’elle dévoile, de même que par le portrait des personnes qui la vivent apporte un éclairage important sur les actions à mener.

Cette étude appuie aussi les propos et constats du RAPSIM et de nombreux autres acteurs concernés sur l’importance de l’itinérance. Avec 5 % de la population du Canada, on peut estimer à plus de 115 000 le nombre de personnes à Montréal, qui ont vécu une situation d’itinérance dans leur vie.

Alors que le dénombrement n’a compté que 3016 personnes à la rue en mars 2015, cette étude souligne l’importance beaucoup plus grande du phénomène et la nécessité d’agir sur les conditions de vie pour réduire mais aussi prévenir l’itinérance.

À l’approche du budget fédéral, la dure réalité que démontre Statistiques Canada appuie encore plus la nécessité que le prochain budget annonce des investissements importants dans des actions qui permettront de l’itinérance.

Pierre Gaudreau, coordonnateur du RAPSIM







 

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